Par Jean Guilbert 
Afin de protéger le milieu agricole canadien contre les industries étrangères du lait, des œufs et de la volaille, le gouvernement canadien a instauré, à partir de 1972, un système de gestion de l’offre permettant non seulement de stabiliser les prix au pays, mais aussi de limiter les importations.
Ce faisant, on assure une production constante pour les agriculteurs canadiens, tout en réduisant les risques de fortes fluctuations des prix. Ce système permet aux producteurs une certaine stabilité de revenu à condition qu’ils remplissent leurs obligations de production. Les producteurs se sont aussi donnés des normes strictes sur la qualité des produits et de leurs installations, le tout surveillé par des agences gouvernementales. Mais avec les nouveaux accords de l’Organisation Mondial du Commerce (OMC), des ententes signées par le gouvernement Trudeau ont ouvert une brèche afin de laisser entrer davantage de produits laitiers étrangers pour compenser pour la vente de produits manufacturés. Pourtant, ce gouvernement avait promis dans son premier mandat qu’il ne laisserait pas tomber les producteurs dont le marché pour la vente des produits laitiers venait d’être amputé d’environ 8% par des importations extérieures. En ce début de campagne électorale, le gouvernement actuel a promis de compenser monétairement les producteurs de lait qui voyaient le système de gestion de l’offre affaibli par ces nouvelles ententes de l’OMC.
Alors, voilà qu’un soi-disant universitaire du nom de Sylvain Charlebois écrivait dans Le Nouvelliste du 3 septembre que les producteurs laitiers devenaient des fonctionnaires de l’état en plus de vendre leurs produits laitiers à un prix exorbitant. Il ose écrire que « les producteurs laitiers représentent l’un des groupes les plus riches et puissants au Canada ». Il ne voit pas les gros lobbys des hydrocarbures, de l’informatique, des produits pharmaceutiques, etc. De toute évidence, ce personnage ne connaît pas la réalité des producteurs laitiers. S’ils sont si riches et puissants, comment se fait-il que le niveau de détresse psychologique soit plus élevé dans ce domaine que dans la moyenne des autres secteurs de l’activité économique? Comment se fait-il que le nombre de fermes diminue à un rythme effarant vidant de sa population certaines régions agricoles du Québec? Alors de grâce, quand vous prendrez dans vos repas des produits laitiers, pensez que ceux qui les ont produits n’ont probablement pas pris de vacances depuis longtemps et qu’en prenant soin de leurs bêtes, ils n’ont même pas le temps de lire les bêtises de Sylvain Charlebois.
Jean Guilbert
Géographe et fier défenseur de la ruralité québécoise

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