Par Gabrielle Furlatt
Êtes-vous allés marcher à la manifestation pour le climat? Si la réponse est oui, sachez que le monde entier admire votre dévotion sans précédent à la cause de l’environnement. Si la réponse est non, vous êtes probablement des pollueurs sans conscience sociale ; la planète se réchauffe à cause de vous.
Vous l’avez compris, ça ne marche pas comme ça. Je soutiens à 100% l’initiative de la conscientisation sociale quant au problème environnemental. Je ne serai pas de ceux qui dénigrent Greta Thunberg, ses idées et son alarmisme sont justifiés par le besoin immédiat d’agir. Non, l’écroulement de l’équilibre écologique n’est pas pour demain, mais c’est maintenant qu’il faut poser des actions concrètes pour le prévenir, ou, du moins, le retarder du mieux possible. C’est là ce que ceux qui disent la jeune fille catastrophiste ne comprennent pas. C’est aussi quelque chose que beaucoup pensent comprendre, mais sont biaisés par les médias, le capitalisme vert et l’écoblanchiment. La conscience écologique est devenue une mode plutôt qu’une valeur. Or, une mode est quelque chose de superficiel, qu’on adopte pour le regard des autres, et non une idée qui meut profondément nos actions. Peut-être n’êtes-vous pas seulement allé à la manifestation pour les photos instagram, toute personne sensée sait qu’il faut faire attention à notre planète, sous peine de vivre un futur dans un monde qui se dégrade, mais est-ce que vos habitudes de vie reflètent les slogans que vous scandiez ? Je vous félicite si c’est le cas. Si ce ne l’est pas, posez-vous des questions.
Premièrement, demandez-vous si vous connaissez vraiment le problème et quelles sont les sources de ce que vous savez. Il devient ainsi beaucoup plus facile de cerner les habitudes qui sont problématiques et ainsi de les éliminer. Ce que les médias de l’information facile (réseaux sociaux, télévision) disent n’est pas toujours un reflet adéquat de la réalité. L’Amazonie brûle ? C’est bien triste. Toutefois, on ne vous dit pas qu’une grande partie de la forêt est aussi décimée pour faire de la place pour la production massive de bétail, vous savez, la viande que vous mangez. Alors partagez-la sur instagram cette photo du feu que tout le monde a déjà vue et allez manger un hamburger pour souper ensuite, la conscience bien tranquille. C’est caricatural comme exemple, mais il explique bien le ridicule de la situation. Les médias de l’information facile vous font un résumé non représentatif qu’il vous sert tout cru dans le bec, non pas car ils se soucient de l’environnement, mais pour les partages et les j’aime. Quelles industries polluent le plus selon vous ? Le prétrole, bien sûr, tout le monde le sait, car il est démonisé depuis longtemps dans les médias. Ensuite ? C’est l’industrie alimentaire de la viande et des produits laitiers et l’industrie textile de la fast-fashion (toutes deux, en plus de polluer énormément, sont cruelles et anti-éthiques). Alors marchez pour le climat, omnivores et habillés de marques connues, vous faites une différence remarquable vous disent la télé et les réseaux sociaux. Il faut aller plus loin que ce qu’on propage comme idées infondées. Pour régler le problème il faut le comprendre et s’informer.
Deuxièmement, chaque sou que vous dépensez a l’effet de soit encourager une entreprise, soit une autre. C’est-à-dire, lorsque vous achetez un produit, vous encouragez l’entreprise qui l’a fait, et donc les actions qu’elle pose. Demandez-vous où va votre argent. Les industries biologiques, éco-responsables et équitables tentent tant bien que mal de percer le marché face à des géants commerciaux qui peuvent offrir des bas prix seulement car elles priorisent le cheap-labor et le dumping écologique, tactiques bien plus économiques. Mettez le dollar de plus pour des aliments biologiques et locaux, par exemple, ainsi, vos fonds iront à l’entreprise qui développe une culture bien moins dommageable que celle qui offre votre aliment un dollar de moins, mais qui répend dans la nature des pesticides, en plus de libérer une quantité astronomique de gaz à effet de serre pour le transport. N’encouragez pas les géants commerciaux. Deux tiers des déchets plastiques en Amérique du Nord viennent de produits de Coca-Cola, de PepsiCo ou de Nestlé (qui possèdent déjà la quasi-entièreté de ce qu’on peut retrouver en épiceries). Ce sont donc des pollueurs majeurs.

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