Volleyball sur la plage

Plus d’un an s’est écoulé depuis la mise en place des mesures sanitaires et le Québec, comme le reste de la planète, est sur le mode « pause ». En date du 31 mars 2021, on recensait plus de 300 000 cas et environ 500 hospitalisations au Québec dus à la propagation de ce virus. Heureusement, l’arrivée des vaccins, cet hymne à l’espoir, fait rejaillir l’optimisme en nous. Malgré les 1,5 million de doses administrées dans notre province, la présence des variants est redoutée par notre gouvernement. Conclusion? La bataille est loin d’être finie.

La question nous concerne, les étudiants qui sommes la relève de demain. Aurions-nous été oubliés par notre Premier Ministre, M. Legault? Selon moi, la réponse est oui. Si les élèves de niveau primaire et secondaire ont le droit à assister à leurs cours en présentiel, pourquoi ceux d’études postsecondaires n’ont pas accès à ce privilège? Certains diront que l’autonomie et l’accès facile aux ordinateurs font de nous de meilleurs candidats pour suivre des classes à distance. Par contre, j’affirme que notre santé mentale et notre motivation ne sont pas nécessairement plus aptes à résister à cet isolement.

De plus, j’ai tendance à croire que les étudiants-athlètes sont davantage touchés par ce confinement. Je sais de quoi je parle, puisque je fais fièrement partie de l’équipe de volleyball féminin de la division 3 de notre cégep. Au détriment de mes coéquipières et de la communauté Diablos, nous n’avons effectué que quelques entrainements avant que notre région administrative ne sombre dans la « zone rouge » à l’automne passé. À partir de ce moment, une détresse psychologique s’est faite ressentir chez plusieurs athlètes. L’amour du sport, les efforts acharnés, l’esprit d’équipe, l’appréhension d’un tournoi, l’impatience de se retrouver sur le terrain, tout s’est volatilisé.

Malgré mon caractère résilient et optimiste, je vous avoue que ma motivation n’a jamais atteint un niveau aussi bas et je ne suis pas la seule. Naomie Isabel, joueuse de volleyball, appuie mon opinion : « à la session passée, je n’avais plus d’intérêt pour effectuer mes travaux, car le sport, c’était ce qui m’aidait à bien performer académiquement malgré quelques difficultés. À cause de mon importante démotivation, j’ai pris la décision de me retirer de l’école. » Pour sa part, Marianne Émond m’a gentiment envoyé ce témoignage : « Étant une fille extrêmement active depuis mon jeune âge, le sport occupait une place importante pour moi. Puis, passer d’un quotidien rempli d’entrainements à une vie où l’on se voit privées de pratiquer son sport a été difficile, autant mentalement que physiquement. J’ai l’impression d’avoir perdu le progrès que j’avais obtenu à force de m’entrainer et de perfectionner ma technique continuellement. Le sport est tout simplement ma motivation pour bien performer à l’école. » Bien sûr, plusieurs alternatives s’offrent à nous, mais sont-elles vraiment efficaces? Un sondage démontre que plus de 60% des athlètes ont de la difficulté à s’entrainer et 50% en ont perdu la motivation. La solution au rétablissement de notre santé mentale est claire, nette et précise : un retour progressif au jeu. Nous sommes tous prêts à suivre les mesures sanitaires pour demeurer actif, alors pourquoi nous en priver?

En conclusion, je parle ici pour tous les joueurs de hockey, les nageurs, les passionnés de basketball, les « mordus » de volleyball et tous les sportifs, dorénavant moins actifs aujourd’hui. Nous ne sommes pas aveugles, nous savons tous que la situation se détériora d’ici quelques semaines et que les entrainements d’équipe seront interdits à nouveau. Ceci n’est pas une critique ni une révolte; c’est plutôt une prise de conscience, un cri du cœur de la part de tous les sportifs de niveaux collégial et universitaire. Par pitié, laissez-nous jouer!

Par Florence Branchaud, étudiante en Sciences, Lettres et Arts

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