Femme autochtone

Dans les années 1940, Coco Chanel fut la première femme à porter le pantalon dans sa vie quotidienne. Le 2 mars 1955, Claudette Colvin, une adolescente noire de 15 ans, refuse de céder son siège d’autobus à un passager blanc. En 1958, Mary Jackson devient la première ingénieure noire à travailler pour la NASA. Comme on peut le voir, notre humanité s’est bâtie sur un principe ancré solidement et partiellement présent de nos jours : l’infériorité des femmes. J’ai tendance à croire que celles qui ont une ethnicité différente sont davantage touchées par cette discrimination.

Effectivement, les femmes de minorités visibles ne sont toujours pas en sécurité, même ici, au Québec. La mort de Joyce Echaquan a semé la polémique il y a un an et un fort mouvement de solidarité s’est créé chez les Québécois. Comment, en 2021, est-il concevable moralement de laisser une femme mourir avec, comme seul prétexte, le fait qu’elle ait une couleur de peau différente? Est-ce que la situation se serait répétée si Joyce avait été de race blanche? Probablement pas et il est là, le problème.

Dans les réserves autochtones et sur l’ensemble du territoire québécois, des centaines de femmes sont victimes de discrimination, d’insultes, de violence conjugale, de viols, d’enlèvements, de suicides, de meurtres et j’en passe. Saviez-vous que les femmes de minorités visibles sont trois fois plus enclines à être victime de violence que les femmes blanches? Un sondage réalisé prouve que sur 1000 femmes autochtones de 15 ans et plus, 279 d’entre elles sont victimes de violence conjugale.

De plus, à chaque année, quelques-unes disparaissent mystérieusement pour aucune raison. Il est toutefois impossible d’enquêter sur ces disparitions, car aucun registre ni statistique n’existent par rapport à ces enlèvements. Personne ne sait combien d’entre elles manquent à l’appel. Il serait inacceptable que ces informations ne soient pas recueillies pour les femmes blanches, alors pourquoi les femmes autochtones n’y ont-elles pas le droit?

En ce moment, une femme est probablement en train d’être abusée sexuellement et elle restera silencieuse à jamais. Son origine, ses rites religieux et son mode de vie ne devraient en aucun cas décider de sa liberté et de sa sécurité. Il est anormal qu’une personne soit considérée chanceuse de naître avec un sexe masculin et une peau blanche. Certes, les femmes blanches sont beaucoup plus respectées qu’au XXe siècle, mais pour celles d’origine autochtone, la bataille ne fait que commencer. Et tout cela à cause d’une ridicule couleur de peau.

Par Florence Branchaud, étudiante en Sciences, Lettres et Arts

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